Né à Paris en 1981, Nicolas Idier grandit à Montpellier. Le choc de sa première jeunesse se produit en 1998, lorsque, grâce à son professeur de latin, il est envoyé à Eltham College, en Australie. A 16.781 km du domicile familial, impasse de la Pierre Rouge, il découvre la joie exubérante de se réinventer, la fascination du lointain, le bonheur des langues. Il fait alors ses premières incursions dans la langue chinoise, qui deviendra le moteur de sa vie académique.

A son retour en France, encouragé par l’admiration qu’il porte à Jack Kerouac, Charles Bukowski et Henry Miller (la sainte trinité américaine), il se lance dans un autre voyage: celui de l’écriture. Il part alors à Tanger, sur les traces de Paul Bowles, William Burroughs et de son père le journaliste Jacques Idier, et revient avec son premier roman: La ville noire, publié en 2011 aux éditions de Corlevour.

La ville noire rassemble les éléments structurels de sa quête littéraire : le décentrement, le voyage intérieur, l’étrangeté, le goût du risque, mais aussi, la capacité du langage à affronter l’irréel.

Nicolas Idier creuse le sillon du langage par son entrée au comité de lecture de la revue Nunc, dirigée par le poète Réginald Gaillard, ainsi que par un long stage aux Cahiers Rouges, collection dirigée par Charles Dantzig aux éditions Grasset.

En parallèle de cette formation sauvage au métier d’écrivain, il termine ses études avec une agrégation d’histoire et un doctorat de sinologie, entrecoupées d’incessants séjours en Chine. En 2010, il publie Shanghai, dans la collection Bouquins et l’année suivante, il soutient une thèse consacrée à Simon Leys, qu’il considère comme l’un des plus grands auteurs du siècle des totalitarismes.

C’est aussi à Shanghai qu’il noue ses grandes amitiés avec la romancière Pia Petersen, l’éditeur Jean-Luc Barré, l’oulipien Alexandre Labruffe, mais également avec de nombreux écrivains et poètes chinois, dont Shu Cai, Sheng Keyi ou Chun Sue.

De 2010 à 2014, Nicolas Idier vit à Pékin, où il exerce la fonction d’attaché culturel chargé du livre et du débat d’idées à l’Ambassade de France, puis se rend avec son épouse Irina, aux origines russes et espagnoles, en Inde, où le couple réside de 2014 à 2018. Ces huit années asiatiques le transforment définitivement et ancrent l’écriture au cœur de son existence. Ce sont les années des quatre livres: le diptyque chinois constitué de La Musique des pierres, publié par Philippe Sollers dans sa collection L’Infini aux éditions Gallimard, puis Nouvelle jeunesse ; le diptyque indien constitué d’Une boite de nuit à Calcutta, avec le romancier et poète haïtien Makenzy Orcel, publié aux éditions Robert Laffont, puis Dans la tanière du tigre, aux éditions Stock, qui dresse le portrait de sa plus grande amitié indienne : Arundhati Roy.

De retour en France, il s’installe en Charente, dans un ancien relai de chasse de François de La Rochefoucauld, dont il fait sienne la maxime 182: les vices entrent dans la composition des vertus, comme les poisons entrent dans la composition des remèdes.

Rappelé par le devoir, il devient conseiller discours du Premier ministre en pleine crise sanitaire. Quelques années plus tard, Matignon la nuit (éditions Plon) transcendera cette expérience politique pour en faire une expérience littéraire voire métaphysique. Aujourd’hui conseiller culture du Président de la République, il promet qu’il n’en tirera aucun livre, mais peut-on croire un écrivain qui promet qu’il n’écrira pas ?

Hyperkarma est son septième roman.

BIOGRAPHIE